Mode Nuit Mode Jour

Le conte du cultivateur regressé | A Regressor’s Tale of Cultivation | 회귀수선전
A+ a-
Chapitre 109 – Lotus (17)
Chapitre 108 – Lotus (16) Menu à suivre...

Auteur : Thremendous

Traductrice : Moonkissed

Comme tous les autres jours dans le désert, le ciel était clair ce jour-là.

— Seo Eun-hyun, arrête de tourner en rond.

Au reproche de Kim Young-hoon, je réalisa que je faisais les cent pas devant la Cité de Cheon-saek.

— Pardon. Je suis juste… très nerveux.

— Nerveux de quoi ? Tu es ridicule, vraiment. Tsk tsk…

Je poussa un long soupir.

— Est-ce la bonne chose à faire ?

Est-il juste d’offrir mes sentiments à quelqu’un ?

— Je vous l’ai déjà dit, non ? Il n’y a pas de déchet au monde, seulement des choses qui n’ont pas trouvé leur destinée ni leur lien.

— Cela veut dire que, si la bonne destinée les touche, n’importe quoi peut devenir un bel ouvrage. N’est-ce pas ?

Je repensa à ses paroles.

‘Être avec toi est si apaisant.’

C’est si paisible et si heureux que, parfois, j’ai l’impression de rêver.

Moi que le destin a toujours abandonné, j’ai compris, grâce à ses mots, que la bonne destinée que je n’avais jamais atteinte se trouvait à ses côtés.

‘Même si le temps m’emporte, même si le lien finit par s’effacer…’

Si le lien, les sentiments, se rejoignent, ne peuvent-ils pas créer quelque chose de beau ?

‘Même si, un jour, je dois repartir et que tout disparaît…’

Sa présence cicatrise toutes les douleurs et blessures que j’ai connues.

Les gens vivent avec des blessures.

Depuis plus de sept cents ans, je n’ai fait que perdre des liens.

Et je continuerai à en perdre.

Mais…

— Les gens de Byeokra aiment le verre. On le façonne aisément avec le sable du désert, et s’il ne montre pas sa vraie valeur dans l’ombre, il la révèle à la lumière.

Je ne suis rien de plus que de la poussière, un grain de sable.

Mais elle, elle est sans conteste ma lumière.

Alors, dans cette vie, ne serait-ce qu’un instant, je suis décidé à briller avec elle.

‘Même si, dans la prochaine vie, tu n’es plus la même personne.’

Mes sentiments ont trop grandi. Je brûlerai d’un vif éclat dans cette vie.

Je raffermis ma résolution et releva la tête.

— Tu t’es décidé, à ce que je vois.

Kim Young-hoon me sourit d’un air entendu.

— Oui.

Fouuush !

Cheongmun Ryeong et Buk Joong-ho s’approchèrent, chacun sur son artefact volant, et atterrirent devant moi aux portes de la Cité de Cheon-saek.

— Daoïste Seo, enfin nous allons te voir, toi et la Cultivatrice Buk, vivre heureux jusqu’à la fin. J’ai cru devenir fou de frustration, mais est-ce aujourd’hui que ça se réalise ?

— J’ai résisté à l’envie de t’attraper par le col pour fiancer ma fille de force, mais on dirait que ça avance enfin.

Buk Joong-ho ricana.

— Autant faire le mariage tout de suite. Ah, oui. Je vais tout préparer pour la cérémonie.

— …Ce n’est pas nécessaire…

— N’ose pas contredire ton futur beau-père !

dit-il d’un ton ferme.

— Cultivateur Cheongmun Ryeong, si le Daoïste Seo se déclare à ma fille, emmène-les à la tombe de Yeon. Qu’ils fassent leur vœu éternel devant sa tombe. Je préparerai tout pour le mariage là-bas.

— Ah, mais…

— Allez, dépêche-toi.

J’essaya de protester, mais Cheongmun Ryeong et Kim Young-hoon me retinrent, tandis que Buk Joong-ho s’envola, tout excité, vers la tombe de son épouse.

— Ha ha, pauvre de toi. Mariez-vous donc !

— Un mariage, ça se décide si vite ?

Déconcerté, je les vis rire de bon cœur.

— Daoïste Seo, cela fait dix ans qu’on vous voit, vous et la Cultivatrice Buk, et il était évident que vous vous aimiez. N’est-il pas plutôt tard pour devenir officiellement un couple ?

— Mais…

— Quel “mais” ? Toute la Cité de Cheon-saek vous prend déjà pour un couple marié — autant l’officialiser.

Après avoir enduré leurs conseils non sollicités, je me relâcha enfin.

Pendant qu’ils me retenaient—

Fouuush !

Une marionnette-abeille sortit de l’atelier de Buk Hyang-hwa, emportant un disque de formation et une petite boîte en bois, puis partit au loin.

— Qu’est-ce que c’est ?

Alors que je m’interrogeai—

Tap, tap.

Buk Hyang-hwa s’avança lentement au loin.

— Hum, je vais vous laisser, alors.

— Moi aussi. Daoïste Seo, fais de ton mieux.

Kim Young-hoon et Cheongmun Ryeong nous laissèrent la place ; Buk Hyang-hwa me rejoint.

— Daoïste Seo, puis-je vous demander ce que vous vouliez dire ?

— Eh bien…

J’hésita.

Elle sourit doucement.

— Eun-hyun Orabeoni, vous avez chaud ? Votre visage est rouge. J’ai appris un peu la prise de pouls auprès de vous ; je vous la fais ?

— Hem, hem…

M’imitant, elle me dévisagea et rit de bon cœur.

‘Alors, c’est ce que ça fait…’

Tout ce temps, elle serrait les dents en feignant d’ignorer mes émotions.

Et maintenant, j’ai l’impression d’être à découvert face à elle.

On dirait qu’elle me taquine, mais ce n’est pas désagréable.

— Demoiselle Hyang-hwa, il me semble que vous aussi vous avez chaud. Votre visage est tout rouge.

— Ah…

Elle paraît surprise un instant, puis pouffa.

Nous rions tous deux.

— Allons marcher un peu, Demoiselle Hyang-hwa ?

— Oui, Eun-hyun Orabeoni.

Nous flânons dans la Cité de Cheon-saek.

Les mortels ordinaires et les cultivateurs des échoppes nous saluèrent.

J’errai au marché avec elle, nous achetons à manger, regardons les boutiques.

Comme son père, Buk Joong-ho, est le cultivateur superviseur de la Cité, nous grimpons même sur les remparts pour contempler le désert.

— Le désert est vraiment brûlant. L’air est si sec que, même en essayant de créer de l’eau avec la Voie Surpassant l’Eau, elle se rassemble à peine… La dernière fois que je l’ai traversé, j’ai cru mourir.

— Ah bon ?

— Oui, si la Demoiselle Hyang-hwa ne m’avait pas donné de l’eau, je serais sûrement mort de soif.

Je me souviens de la première fois où j’ai bu l’eau donnée par Buk Hyang-hwa.

Bien sûr, celle qui m’a donné de l’eau la première fois n’est pas la même que la Buk Hyang-hwa d’aujourd’hui.

‘Non, ce n’est pas exact.’

En vérité, si j’y pense bien, la seconde Buk Hyang-hwa, à qui j’ai bu de l’eau, n’est pas non plus la « présente » Buk Hyang-hwa.

Ma « Elle », c’est l’Elle de cet instant.

‘Peut-être que…’

J’ai peur de la disparition du temps.

C’est pour ça que j’ai peur de créer des liens et d’avoir des sentiments.

Mais, si j’y réfléchis, en réalité, l’être humain change à chaque instant, chaque seconde.

Donc, l’humain d’une seconde avant et celui d’une seconde après sont déjà deux êtres différents.

C’est pourquoi j’ai toujours distingué les gens de chaque retour de ceux des retours précédents.

‘Même si les gens changent, le cœur ne devrait pas. N’ai-je pas, jusqu’ici, simplement trop eu peur ?’

Après tout, tous les humains meurent.

S’il y a rencontre, il y aura séparation.

Cependant, par crainte excessive de la douleur de la séparation, j’ai peut-être manqué les sentiments du présent.

‘Eh bien, même si un jour je repars…’

Je me décida.

‘Du moment où j’ai choisi d’être avec elle, tous les événements survenus sont déjà en mon cœur. Et tout ce qui adviendra se fondra aussi en moi…’

Je décida d’avouer ces sentiments.

— …

— …

Bien sûr, même une fois décidé, ce n’est pas facile à formuler.

Bizarrement, il fait chaud.

Mon visage s’empourpra.

Buk Hyang-hwa aussi.

Les cultivateurs protègent toujours leur peau par des méthodes défensives ; l’ardeur du soleil et la chaleur ne sont donc pas un vrai problème.

Les cultivateurs au stade d’Édification du Qi forment naturellement un Gang Qi défensif avec leur Force Spirituelle Pure, ce qui les rend plus résistants encore.

Mais quelle que soit la méthode, je ne peux rien contre cette chaleur-là.

— Hum…

— Orabeoni…

Nous parlons en même temps, puis rions encore.

— Allez-y d’abord.

— Eh bien, en fait… J’ai préparé quelque chose pour Eun-hyun Orabeoni.

Fouuush !

Soudain, la marionnette-abeille apparut — bond spatial — devant nous.

Fouuush !

Le battement de ses ailes rafraîchit la chaleur entre nous.

Dans ses pattes antérieures, deux éventails.

Buk Hyang-hwa les attrapa et m’en tendit un.

— La Danse des Deux Immortels, vous vous souvenez de celle qu’on a dansée l’autre fois ?

— Je m’en souviens.

— Dans quelques jours, il y aura un petit festival à Yeon-do, loin d’ici. Voudriez-vous la danser à nouveau avec moi là-bas ?

— Oh, cette danse vous a donc marquée.

— Oui. J’ai vraiment envie de danser encore avec Eun-hyun Orabeoni.

— Ha ha, maintenant que vous le dites, moi aussi j’ai envie de danser de nouveau avec la Demoiselle Hyang-hwa. Mais…

Je la regarda et dis :

— Si nous faisons la Danse des Deux Immortels, ne vaudrait-il pas mieux retourner à Shengzi pour la danser ? Installons la formation au Palais du Commandement Servant avec le Daoïste Cheongmun, puis allons à Shengzi. Revisitions le village que nous avons protégé ensemble.

— C’est une très bonne idée, mais en réalité, je vous ai préparé un cadeau à Yeon-do.

— Un cadeau…

Soudain, je me sentis un peu gêné par le cadeau que j’avais préparé, moi aussi.

— En fait, j’ai aussi préparé un cadeau pour la Demoiselle Hyang-hwa.

— Oh ? Qu’est-ce que c’est ?

Je sortis une pierre d’esprit de l’attribut Bois.

C’est mon premier artefact magique, façonné d’après les quelques leçons reçues de Buk Hyang-hwa.

— Est-ce que… c’est une étoile de mer ?

demande-t-elle d’un ton taquin en regardant la forme de mon artefact ; je répondis sur le même ton tout en y infusant de l’énergie spirituelle.

— Avez-vous déjà vu une étoile de mer comme ça ?

Je ne suis pas assez habile pour créer, en un clin d’œil, un artefact fidèlement en forme de fleur.

En revanche, je peux graver des circuits dans l’artefact et y insuffler l’enchantement voulu.

Et, pour cela, je suis confiant.

Fouuuush !

L’énergie spirituelle de Bois flamboie.

L’aura de la Forêt-aux-Mille-Lueurs brilla de tous ses feux.

En même temps, l’énergie qui s’assemblait prit la forme d’une fleur.

C’était un magnolia blanc.

— Puisque vous m’avez offert hier une fleur de cognassier, je vous offre un magnolia blanc.

— Waouh…

Le magnolia blanc, façonné de nombreux sorts.

Buk Hyang-hwa l’observa un instant, puis rit doucement.

— Vous… n’avez pas fabriqué un artefact magique.

— Vous ne pouvez pas simplement me complimenter ?

— Vous me faites toujours des remarques quand vous me voyez manier des artefacts d’épée volante. À chaque fois : “Ce n’est pas comme ça qu’on manie une épée volante.”

— Ça, c’est… haah.

Tandis que j’étais un peu penaud, Buk Hyang-hwa prit l’artefact que j’ai fait et le glissa avec soin contre sa poitrine.

— Quoi qu’il en soit, merci. Les circuits sont bien gravés et concis.

— Merci pour le compliment… Mais vous, Demoiselle Hyang-hwa, vous ne préférez pas faire des circuits complexes ?

N’était-ce pas presque une pique que de dire — concis et bien faits ?

— Oh, ça, c’est juste mon style.

dit-elle en regardant la Cité de Cheon-saek depuis le rempart.

— Mon grand-père maternel, Gongmyo Cheon-saek, a eu de nombreux enfants illégitimes, dont ma mère. Parmi eux, ceux qui avaient le potentiel de cultiver recevaient le nom Gongmyo, mais ceux qui n’avaient pas de talent, comme ma mère, n’avaient même pas droit à un nom de clan et étaient chassés, comme des enfants indésirables.

Elle poursuit :

— Quand il fabriquait des artefacts, il rendait les circuits concis. Ça les rendait plus polyvalents et bien plus faciles pour l’utilisateur. La complexité de mes circuits, jusqu’ici, était peut-être une forme de rébellion contre mon grand-père.

Puis, caressant la marionnette-abeille :

— Mais vous savez quoi, Eun-hyun Orabeoni ? Après vous avoir écouté, j’ai réussi à réparer le circuit central de cette abeille. Je pensais qu’il serait très complexe, mais il s’est révélé étonnamment concis. De cette simplicité naissent des variations, qui se propagent en une myriade de circuits et font fonctionner la marionnette.

D’une certaine façon, son principe d’action ressemble aux émotions humaines.

Moi aussi, à « Trois Fleurs Rassemblées au Sommet », j’ai vu comment sept émotions peuvent engendrer tant de changements.

— Grâce à Orabeoni, j’ai grandi, et j’ai pu me libérer de cette étrange rébellion contre mon grand-père.

Elle me regarda et sourit d’un éclat radieux.

— Merci, Eun-hyun Orabeoni.

— …Moi aussi.

Je lui rendis son sourire et j’avoua :

— Je reçois tant de réconfort de la Demoiselle Hyang-hwa. Grâce à vous, les nombreuses blessures de ma vie semblent guérir, et les peines s’effacent chaque fois que je vous vois.

Sans m’en rendre compte, j’ai pris la main de Buk Hyang-hwa.

À cet instant,

Tout allait bien.

Le jour d’obtenir le Fruit de Longévité approchait.

La possibilité d’atteindre un nouveau royaume était grande.

Ce lien peut enfin se réaliser.

En cet instant, je suis profondément reconnaissant.

Elle ferma les yeux.

— Je ne sais pas l’expliquer, mais, pour moi, vous êtes…

Je rapprocha lentement, très lentement, mon visage du sien.

— …

— …

— …Orabeoni ?

Les yeux clos, elle demanda d’une voix tremblante.

Je serra sa main, les sourcils froncés.

— …Demoiselle Hyang-hwa.

— Oui, Orabeoni !

Le visage plein d’attente, elle m’appella, paupières closes.

Mais moi, tout crispé, je retira mon visage du sien et demanda :

— …Il n’y a pas comme une odeur de sang, quelque part ?



Rejoignez-nous et devenez correcteur de Chireads Discord []~( ̄▽ ̄)~*
Chapitre 108 – Lotus (16) Menu à suivre...